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A watershed election for U.S. imperialism

By LYNN HENDERSON

The 2016 presidential election concluded with the improbable election of real estate billionaire and reality show celebrity Donald Trump. In this historic 2016 election the dual parties of U.S. capitalism ended up presenting the American electorate with the choice between two individuals who were universally recognized as the most unpopular, distrusted candidates in the history of U.S. presidential politics. How did this happen? Was it just a fluke? Was it just the accidental luck of the draw?

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LORS DE SON 98ÈME ANNIVERSAIRE, LES LEÇONS DE LA RÉVOLUTION RUSSE POUR AUJOURD’HUI

Suite à la projection de “Tsar to Lenin” aux Rebel Films à Toronto le soir du 6 novembre, un discours basé sur ce texte a été présenté par Barry Weisleder.
Les leçons de la révolution russe
Le déclenchement de la Première Guerre mondiale a montré de façon concluante que le capitalisme était entré dans sa période de déclin. D’énormes destructions matérielles et d’horribles souffrances humaines ont été déclenchées, et répétées à travers le 20e siècle (la Grande Dépression, de nombreuses récessions, ges guerres coloniales, la destruction de l’équilibre écologique). L’humanité était confrontée au choix difficile: socialisme ou barbarie.
Lorsque la guerre a éclaté en 1914, les partis réformistes de l’Internationale socialiste ont capitulé face à la vague de chauvinisme et à la classe dirigeante de chacune des grandes puissances. Mais les contradictions du social-patriotisme éclatèrent bientôt. Lorsque les révolutions ont finalement éclaté, les dirigeants sociaux-démocrates, qui avaient donné leur approbation au massacre de millions de soldats pour la cause du profit capitaliste, ont rapidement redécouvert leur pacifisme. Puis ils prièrent les travailleurs-euses de ne pas utiliser la violence pour renverser le système.
Alors que l’Internationale socialiste tomba en morceaux, une poignée de socialistes révolutionnaires demeurèrent fidèles à l’internationalisme prolétarien: Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg en Allemagne; Monatte et Rosmer en France; Lénine, une partie des bolcheviks, plus Trotski et Martov en Russie; le SDP aux Pays-Bas; John Maclean en Grande-Bretagne; Eugene Debs aux États-Unis; et une majorité dans les partis sociaux-démocrates de l’Italie, de la Serbie et la Bulgarie.
Les internationalistes se regroupèrent, d’abord à la conférence de Zimmerwald en 1915, puis à Kienthal en 1916. Lénine a prédit une crise révolutionnaire à grande échelle qui amènerait la gauche radicale au premier plan. Il avait tout à fait raison.
La Révolution russe a éclaté en mars 1917. En novembre 1918, la révolution a éclaté en Allemagne et en Autriche-Hongrie. En 1919-1920 un énorme élan révolutionnaire a secoué l’Italie. À ce stade, les internationalistes se sont battus pour la révolution socialiste, et les sociaux-patriotes sont devenus des contre-révolutionnaires fidèles à l’État et au capitalisme.
En mars 1917, l’autocratie tsariste tomba en raison d’émeutes de la faim et de la décomposition de l’armée. Alors que la révolution de 1905 avait échoué en raison de l’incapacité du mouvement ouvrier à établir des liens avec le mouvement paysan, cette alliance lorsque réalisée s’est avérée fatale pour le tsarisme en 1917.
La classe ouvrière a joué un rôle majeur en mars 1917, mais il lui manquait une direction révolutionnaire et elle ainsi a été dépouillée de la victoire. Le pouvoir extorqué au tsarisme a été mis entre les mains d’un Gouvernement provisoire, une coalition de partis bourgeois comme les cadets, et les partis ouvriers modérés, les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires.
Mais le mouvement de masse était si fort qu’il avait ses propres structures: les conseils des délégués des travailleurs-euses, des soldats et des paysans, soutenus par les gardes rouges armés. Ainsi, à partir de mars, la Russie était dans une situation de double pouvoir. Le Gouvernement provisoire était basé sur un appareil d’État bourgeois en décomposition. En opposition à ça, il y avait un réseau de “Soviets” ou conseils ouvriers et paysans, construisant progressivement un pouvoir d’État ouvrier.
La prédiction de Trotsky en 1905 que la révolution future de la Russie verrait l’éclosion de milliers de soviets a été confirmée. L’aile droite du marxisme russe et international croyait que la Russie, étant un pays arriéré, avait besoin d’une révolution bourgeoise comme celle des 18e et 19e siècles. Qu’est-ce que cela impliquait? Le renversement de l’absolutisme, la conquête des droits démocratiques, libérant les paysans des chaînes semi-féodales, la libération des nationalités opprimées, la création d’un marché unifié pour faciliter la croissance rapide du capitalisme industriel, qui préparerait la voie à une future révolution socialiste.  A partir de là  découlait la stratégie d’une alliance entre la bourgeoisie libérale et le mouvement ouvrier. Les travailleurs-euses seraient obligé-es de se limiter à la lutte pour la journée de 8 heures, le droit d’organisation et de grève, etc.
Lénine a rejeté cette stratégie en 1905. Il a rappelé ce que Marx avait dit après les révolutions de 1848: que, une fois que le prolétariat est apparu sur la scène politique, la bourgeoisie est allé dans le camp de la contre-révolution craignant le pouvoir des travailleurs-euses. Ainsi, Lénine a proposé une alliance entre le prolétariat et la paysannerie.
Mais Lénine concevait la “dictature démocratique des ouvriers et des paysans” comme étant basée sur une économie et un État capitalistes.
Dès 1905-06, Trotsky a souligné la faiblesse de cette idée. Il a souligné l’incapacité chronique de la paysannerie à constituer une force politique indépendante. Tout au long de l’histoire, la paysannerie a, à la fin, toujours suivi soit une direction bourgeoise ou prolétarienne. Avec la bourgeoisie allant vers la droite, le sort de la révolution dépend de la capacité du prolétariat à gagner l’hégémonie politique sur le mouvement paysan et d’établir une alliance entre les ouvriers et les paysans sous sa propre direction. En d’autres termes, la révolution russe ne pouvait gagner et remplir ses tâches que si le prolétariat pouvait conquérir le pouvoir politique et établir l’État ouvrier, soutenu par une alliance avec les paysans pauvres.
Telle est la théorie de la révolution permanente. Elle proclame qu’à l’époque impérialiste, la soi-disant bourgeoisie nationale ou libérale dans les pays sous-développés est subordonnée à l’impérialisme étranger et aux vieilles classes dirigeantes et que les tâches de la révolution démocratique bourgeoise ne peuvent être réalisées que par la dictature du prolétariat , soutenue par les paysans pauvres. C’est-à-dire, que seul un État ouvrier pourrait réaliser la révolution agraire, l’indépendance nationale, les libertés démocratiques et le développement industriel. La prédiction de Trotsky en 1906 a été entièrement confirmée par le cours de la révolution russe de 1917, et par le cours de toutes les révolutions dans les pays sous-développés depuis ce temps comme au Vietnam, à Cuba, etc.
Quand Lénine retourna en Russie après son exil à l’étranger au printemps 1917, il a vu les immenses possibilités révolutionnaires. Avec ses Thèses d’avril, il a changé la direction du Parti bolchevik le long des lignes de la révolution permanente. Certains anciens dirigeants bolcheviks, y compris Staline, Kamenev et Molotov, ont résisté. Ils ont exhorté à l’unité avec les mencheviks et au soutien critique au Gouvernement provisoire. Mais le Parti bolchevik, sous la pression des travailleurs-euses d’avant-garde, combinés avec les partisans de Trotsky, a adopté la perspective de la révolution permanente et a remporté une majorité parmi les masses ouvrières.
Après le soulèvement prématuré de juillet, et le putsch contre-révolutionnaire raté du général Kornilov en août, les bolcheviks ont remporté la majorité dans les soviets des grandes villes, à partir de septembre. En novembre, le Comité militaire révolutionnaire de Petrograd, sous la direction de Trotsky, a pris le pouvoir et l’a remis aux Soviets. Le vieil État et le Gouvernement provisoire se sont effondrés. Lors de l’insurrection ouvrière, la violence fût minime. Le premier État ouvrier est né.
Les tâches immédiates de la révolution étaient la paix, la terre aux paysans, mettre fin à l’oppression nationale, et étendre le pouvoir soviétique à travers la grande Russie. Mais la bourgeoisie se mit à saboter ces politiques. Les travailleurs-euses, maintenant conscient-es de leur force, ne  pouvaient pas tolérer cela. Donc ce qui a commencé comme le contrôle ouvrier dans les entreprises privées passa rapidement à la nationalisation des banques, des grandes usines et du système de transport. À l’exception des paysans et des petits ateliers d’artisans, les principaux moyens de production étaient maintenant collectivement entre les mains du peuple.
Pourtant la Russie était un pays arriéré. Les bolcheviks comptaient sur une révolution dans l’Occident industriel, en particulier en Allemagne et en Italie, ce qui aurait créé une base solide pour la construction d’une société sans classes. Malheureusement, les révolutions allemande et italienne n’ont pas réussi. Ceci est largement dû au rôle contre-révolutionnaire joué par la social-démocratie internationale. Isolée, la révolution russe, dirigée par Lénine et Trotsky, a fait de son mieux, avec les ressources politiques et matérielles disponibles.
La Russie soviétique a été déchirée par la guerre civile. Les anciens propriétaires fonciers et les officiers tsaristes ont essayé de renverser la première république ouvrière et paysanne par la force.
Le SPD en Allemagne a essayé toutes sortes de promesses et de mensonges pour détourner les travailleurs-euses loin de la lutte pour le pouvoir (promettant même de nationaliser la grande industrie). Noske a même appelé les Freikorps pour battre les gauchistes (ils ont assassiné Rosa Luxemburg). Les Freikorps étaient le noyau des futures bandes armées nazies.
Les nouveaux partis communistes, qui ont fondé la IIIe Internationale, manquaient d’expérience et ont fait beaucoup d’erreurs. La bourgeoisie, par peur de la révolution, a octroyé des concessions aux travailleurs-euses (y compris la journée de 8 heures et le suffrage universel). L’année 1923 a été un tournant. Le KPD a remporté la majorité dans les grands syndicats; il a formé un gouvernement de coalition en Saxe et en Thuringe. Mais le KPD a été mal conseillé par le Komintern et n’a pas réussi à organiser systématiquement une insurrection armée au moment le plus favorable. La grande entreprise a repris l’initiative, stabilisé la monnaie, et a ramené une coalition bourgeoise au pouvoir. La crise révolutionnaire était terminée.
La Russie soviétique a gagné la guerre civile en 1921, mais elle était épuisée. La production avait chuté de manière spectaculaire. La famine avait saisi le pays. Pour remédier à la situation, en attendant une nouvelle remontée de la révolution internationale, Lénine et Trotsky se sont lancés dans un recul économique. La grande industrie demeurerait propriété publique. Mais un marché libre a été rétabli pour les excédents agricoles, après les impôts de l’État. Le commerce privé et la production privée à petite échelle ont été autorisés. C’était la  N.E.P. Ce fût un recul temporaire pour stimuler la production. La petite bourgeoisie s’est elle-même enrichie.
Mais un problème beaucoup plus important, résultant du retard de la Russie, a pris place. Le prolétariat a été affaibli par la baisse de la production industrielle et l’exode vers la campagne. Il a été en partie dépolitisé par la famine et la misère. Beaucoup de ses meilleurs éléments ont été tués dans la guerre civile. Ceux qui ont survécu ont été absorbés dans l’appareil soviétique. Parce que l’État dans cette période ne pouvait pas former suffisamment de personnel qualifié provenant de la classe ouvrière, l’intelligentsia bourgeoise avait tendence à conserver son monopole du savoir. La grande pauvreté a favorisé la défense des privilèges matériels.
En 1920, l’Opposition ouvrière au sein du PC soviétique a sonné l’alarme. En 1921, Lénine appelait l’État russe un État ”ouvrier bureaucratiquement déformé”. En 1923, l’Opposition de gauche trotskyste a été formé, avec la lutte contre la bureaucratie en tant que l’une de ses principales priorités. L’Opposition de gauche a appelé à l’accélération de l’industrialisation de la Russie, l’augmentation des salaires, l’accroissement de la démocratie dans les soviets et dans le parti, l’aide aux paysans pauvres et l’augmentation des impôts sur les paysans riches, et le renforcement de la perspective de la révolution mondiale, y compris par la rectification des erreurs du Komintern. Tel était le programme qui aurait pu sauver la Révolution russe.
Malheureusement, la majorité des dirigeants ont compris trop tard la menace contenue dans la montée de la bureaucratie. Ceci explique la victoire du stalinisme en URSS.
La bureaucratie n’est pas une nouvelle classe. C’est une couche privilégiée de la classe ouvrière qui a usurpé le pouvoir dans l’État et l’économie soviétiques, et  qui a utilisé ce monopole du pouvoir pour se donner des privilèges de consommateurs, comme des salaires plus élevés, des avantages sociaux, des magasins spéciaux, etc. Elle ne possédait pas les moyens de production. Sa puissance reposait sur les gains de la révolution socialiste de novembre: propriété publique, économie planifiée, monopole d’État du commerce extérieur. Elle était conservatrice. Comme toute bureaucratie, elle a mis la préservation de ses privilèges au-dessus de l’extension de la révolution. Elle craignait  que la révolution mondiale fasse revivre l’activité politique du prolétariat soviétique et donc porterait atteinte à son propre pouvoir. Donc, la bureaucratie a favorisé le statu quo international. Elle résiste au rétablissement du capitalisme, mais seulement jusqu’à un certain point, comme nous l’avons vu en 1989, quand la bureaucratie scissionne. Certains d’entre eux sont maintenant des capitalistes qui se sont enrichis en pillant la richesse sociale.
L’URSS n’était pas non plus une société socialiste, c’est-à-dire une société sans classes. C’était une société en transition entre le capitalisme et le socialisme. Le capitalisme a été restauré au moyen d’une contre-révolution sociale. Le pouvoir direct des travailleurs-euses aurait pu être restauré, mais seulement par une révolution politique qui pouvait briser le monopole des bureaucrates sur l’exercice du pouvoir.
L’étiquette “capitaliste” ne s’appliquait pas à l’économie soviétique, car c’était un système où les producteurs ont été dominées par des bureaucrates, et non par des propriétaires privés. Le capitalisme est un système spécifique de domination de classe. Il est caractérisé par la propriété privée des moyens de production, la concurrence, la production marchande généralisée, la transformation de la force de travail en marchandise, la nécessité de vendre des marchandises avant que le surplus de valeur qu’elles contiennent peut être réalisé, et l’inéluctabilité des crises périodiques de surproduction généralisée. Rien de tout ça ne se retrouvait dans l’économie soviétique.
L’économie soviétique n’était pas non plus socialiste, ce qui implique un régime de producteurs associés qui dirigent eux-mêmes leur vie productive et sociale, et qui est défini par la disparition de la production marchande. L’URSS était loin de là, quelles que soient les affirmations de la bureaucratie soviétique. La théorie anti-marxiste, propagée par Joseph Staline, que le socialisme pouvait être construit dans un seul pays, était tout simplement une tentative grossière pour justifier la bureaucratie et ses actions.
En s’opposant au “socialisme dans un seul pays”, Trotsky et l’Opposition de gauche n’ont pas pris une position défaitiste. Ils ont été les premiers à préconiser l’industrialisation rapide, la défense de l’URSS contre l’impérialisme, la défense des acquis de la révolution contre toute tentative de restaurer le capitalisme en URSS. Mais ils ont compris que le sort de l’URSS dépendait de la lutte des classes au niveau international. Cela reste vrai aujourd’hui pour le seul État ouvrier survivant, pour Cuba révolutionnaire.
Alors, qu’est-ce que le stalinisme? Khrouchtchev a appelé ça un culte de la personnalité. Mais cette explication subjective / psychologique est peu profonde et incompatible avec le marxisme.
 Le stalinisme est l’expression de la dégénérescence bureaucratique du premier État ouvrier, où une couche sociale privilégiée a usurpé le pouvoir. Les formes de répression brutale (terreur policière, les purges, les assassinats, les procès de Moscou, etc.) peuvent varier, mais les principales caractéristiques sont constantes. La démocratie ouvrière est supprimée en faveur du règne par une bureaucratie despotique. Dans le monde capitaliste, le stalinisme signifie la subordination, par les partis qui ont suivi le Kremlin, des intérêts de la révolution socialiste dans leur propre pays aux intérêts de la diplomatie soviétique. Il avilit la théorie marxiste en un instrument pour justifier chaque “tournant tactique” du Kremlin et des partis staliniens.
Les “tactiques” staliniennes ont massivement contribué à de nombreuses grandes défaites: l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, la défaite de la révolution espagnole en 1939, le désarmement des masses communistes françaises et italiennes et la reconstruction de l’État capitaliste et de l’économie en 1944 -46, l’écrasement sanglant du mouvement révolutionnaire en Irak, en Indonésie, au Brésil, au Chili et dans de nombreux autres pays depuis lors. Les “tactiques” staliniennes de la collaboration de classe avec les libéraux et l’État des patrons, et le soi-disant “front populaire”, n’ont pas aidé l’URSS. Elles représentaient les intérêts étroits de la bureaucratie et elles ont sapé les intérêts des travailleurs-euses partout dans le monde, et l’existence même de l’URSS.
Dans les années 1940, l’URSS a cessé d’être un pays sous-développé. Une nouvelle remontée de la révolution mondiale a conduit à l’émergence de nouveaux États ouvriers en Yougoslavie, en Chine, au Vietnam et à Cuba, et à la radicalisation de la jeunesse en Europe occidentale et dans les Amériques. Dans ces conditions, des tendances oppositionnelles surgirent et des scissions au sein des bureaucraties staliniennes se sont produites, telles que la rupture Staline-Tito en 1948, l’insurrection d’octobre-novembre 1956 en Hongrie, le “printemps de Prague” de 1968, en Tchécoslovaquie, et les révoltes en Pologne dans les années 50 et plus tard.
Après la mort de Staline une série de réformes ont été mises en œuvre dans l’agriculture et l’industrie, mais celles-ci ont été limitées dans leur effet par la mainmise continue de la bureaucratie. Sans contrôle démocratique et public par la masse des producteurs et des consommateurs, il est impossible de parvenir à une production vraiment rationnelle et efficace qui répond aussi aux désirs de la population. Chaque réforme bureaucratique tend à substituer une nouvelle forme d’abus et de gaspillage bureaucratique. Une plus grande autonomie des directeurs d’usine, combinée avec des retards technologiques et l’engagement excessif envers les dépenses militaires a entraîné une stagnation générale dans les années 1970 qui a condamné l’URSS.
La victoire de la révolution chinoise en 1949 a brisé l’encerclement capitaliste de l’URSS, a stimulé le processus de la révolution permanente en Asie, en Afrique et en Amérique latine, et a mis l’impérialisme sur la défensive. Elle se produisit, en pratique, parce que la direction maoïste avait rompu avec la ligne stalinienne du “bloc des quatre classes” et de la révolution par étapes. Elle a dirigé un vaste soulèvement paysan, et détruisit l’État bourgeois. Cependant, la révolution chinoise a été bureaucratiquement déformée dès le départ. L’activité indépendante de la classe ouvrière a été limitée. Des formes de privilèges bureaucratiques, imitant la Russie soviétique, étaient très répandus. Mao a essayé de canaliser le mécontentement croissant de masse en lançant la soi-disant Révolution culturelle en 1964-5, mais cela était essentiellement une campagne visant à purger les ennemis de Mao dans l’appareil du PC. Lorsque les “gardes rouges” sont devenus critiques de l’ensemble de la bureaucratie, ils ont été dissous.
La scission sino-soviétique reflète le rejet par le PC chinois du contrôle monolithique par Moscou, ce qui était justifié. Mais le nationalisme étroit utilisé des deux côtés du conflit, qui s’est répété plus tard dans la scission sino-vietnamienne, a porté un coup sévère au mouvement ouvrier international, et a donné à l’impérialisme plus d’espace pour manœuvrer.
Le maoïsme est une ramification plus souple et éclectique du stalinisme d’origine en Russie. Sa caractérisation de l’URSS comme étant “social-impérialiste” a servi à justifier tous les tournants de la politique étrangère chinoise, y compris des alliances avec la bourgeoisie dans divers pays dans une lutte soi-disant pour l’indépendance face aux deux “superpuissances”. Il substitue l’idéologie maoïste aux distinctions fondamentales de classe. Il rejette la démocratie ouvrière, il rejette le front uni, et il justifie le recours à la violence et la répression à l’intérieur du mouvement ouvrier. Derrière une apparence de “participation” de masse, il a ouvert la voie à la restauration capitaliste en Chine. La Chine d’aujourd’hui est une société capitaliste, dominée par des sociétés étrangères, en partenariat avec l’État et les entreprises privées nationales – une économie qui a enrichi quelques millions de personnes, qui en a appauvri des centaines de millions, et qui oscille de  l’expansion économique à la récession.
Les conditions objectives pour la construction d’une société socialiste existent depuis la Première Guerre mondiale. La division mondiale du travail et l’interdépendance des peuples ont atteint un niveau élevé. La force numérique de la classe ouvrière et la base économique pour transformer l’économie mondiale sont présentes. Les conditions politiques nécessaires pour la révolution, y compris les divisions croissantes au sein de la bourgeoisie, son incapacité à gouverner, et la rébellion croissante contre le système par les travailleurs-euses, ont surgi périodiquement dans divers pays. Toutefois, les conditions subjectives adéquates étaient manquantes. Celles-ci comprennent: le niveau de conscience de classe du prolétariat, son degré de maturité, et la force de sa direction révolutionnaire – c’est-à-dire, son parti révolutionnaire. Par conséquent, l’absence de victoires révolutionnaires, en particulier en Occident, a été essentiellement une fonction de la crise de la direction dans la classe ouvrière.
Cette analyse, basée sur l’échec historique du réformisme et du stalinisme, a conduit Trotsky et  l’opposition communiste en 1933 à commencer la création d une nouvelle direction révolutionnaire de la classe ouvrière mondiale. En 1938, ils ont établi la Quatrième Internationale à cette fin.
La QI n’est pas encore une internationale ouvrière de masse. Mais elle est en mesure de transmettre, d’affiner et d’améliorer le programme requis par la classe ouvrière mondiale en raison de ses activités constantes au sein de la lutte de classe dans des dizaines de pays. La QI essaie de former des leaders en fonction de sa théorie et de sa pratique. Elle tente d’unifier les expériences et la conscience des révolutionnaires à l’échelle mondiale, en leur apprenant à construire une organisation mondiale unique au lieu d’attendre en vain que l’unité spontanée se produise.
La construction de nouveaux partis révolutionnaires et d’une nouvelle Internationale combine la défense du programme marxiste, qui rassemble toutes les leçons des luttes de classes passées, avec un programme d’action actuel qui intègre ce que Trotsky appelait un programme de revendications transitoires. Les socialistes interviennent dans les luttes de masse pour amener les participant-es, grâce à leur expérience, à un programme d’action, et pour donner des formes d’organisation à ces luttes qui leur permettront de créer des conseils ouvriers pendant les crises révolutionnaires.
Je vais conclure avec seulement deux points de plus.
Tout d’abord, comme un exemple de l’application de la méthode du Programme de transition aux conditions actuelles dans l’État canadien, je vous renvoie à la brochure “Perspectives pour le socialisme au Canada”. Vous pouvez également trouver utile de lire le Manifeste pour un Canada socialiste, la plate-forme du caucus socialiste du NPD.
Deuxièmement, je suggère fortement qu un programme révolutionnaire, intégrant des revendications transitoires, démocratiques et défensives, est de peu d’utilité sans une organisation révolutionnaire centraliste démocratique qui éduque, agite et organise pour sa réalisation. J’invite tout le monde ici qui veut se battre pour un monde meilleur à faire le pas le plus important que vous pouvez faire en ce sens: adhérez à Socialist Action/Ligue pour l’Action socialiste aujourd’hui.

“The Danish Girl”

a review by John Wilson

The Danish Girl (2015, 1 hr. 59 min., directed by Tom Hooper) is a mesmerizing, moving account of how transgender pioneer Lili Elbe (originally Einar Wegener) came to be one of the first persons known to have gender reassignment surgery. Adapted from David Ebershoff’s 2000 fictionalized novel, it features Eddie Redmayne’s amazing performance as Einar. He discovers who he really is, and transitions into Lili. Alicia Vikander, as Einar/Lili’s wife, is brilliant in her almost equally demanding role, at times becoming the central focus.

The film is mainly situated in a lush, 1920’s middle class Copenhagen where Einar is a celebrated landscape artist. Wife Gerda is also an artist. She fights for recognition – until she starts painting the emerging Lili as a femme fatale, which started with a whimsical, half-joking sitting by Einar for her as a female model.

But for him this is the start of his self-realization as Lili.

Lili endures horrific experiences consulting with “experts” in the biased and prejudiced medical system who are determined to “cure” her, or banish her to a psychiatric facility. Then she meets Dr. Warnekros (Sebastian Koch) who proposes what he candidly described as experimental and risky gender reassignment surgery. Of all the doctors, only he seems to have a sympathetic understanding of what she is going through. (Since Lili, who was raised in a context of relative class privilege, suffered such difficulty, can we imagine how truly impossible would be the situation of a transgender person born to a working class family?)

Gerda is steadfast in her love and support for Lili – despite being very conflicted and confused by a process she knows will lead to her losing her husband.

In short, this film is well worth seeing. It comes at a time when transgender issues are finally gaining prominence – thanks to decades of LGBTQ activism. Despite ongoing challenges of medical access, the cost of surgery, and persisting prejudice, in Canada and elsewhere real gains are being made. In revolutionary Cuba, the treatment is free. We should note, though, that with all the attention that this film is deservedly getting, other pioneering films, such as Transamerica, are being overlooked.

Biggest strikes in Quebec since 1972

by Robbie Mahood (Montreal, December 2015)

Leaders of Quebec’s Common Front of public sector unions and the provincial Liberal government of Premier Philippe Couillard announced a tentative agreement on December 17. The deal covers wages and pensions. Working conditions are negotiated separately by sector. Grouped in the Common Front are the unions representing government employees affiliated with the major union centrals, notably, the CSN (Confédération des syndicats nationaux) and the FTQ (Fédération des travailleurs du Québec), as well as several non-affiliated unions.

The agreement came on the heels of a one day general strike involving over 400,000 workers of the Common Front and affecting schools, health care facilities and government services across the province. While picket lines were set up at work sites, 40,000 marched in downtown Montreal and another 20,000 in Quebec City.

The December 9 strike was the biggest since 1972. That’s when the original Common Front launched a work stoppage of 200,000 government employees that in some communities saw strike committees commandeer radio stations and take charge of government services, and ended only after union leaders were imprisoned.

Preceding the December strike was an autumn punctuated by big mobilizations. A mass union demonstration in Montreal on October 3 opposed the austerity agenda of the Liberal regime. The Common Front launched a series of rotating strikes. Community organizations, students, the feminist movement and climate justice activists also took to the streets. Teachers camped outside the Minister of Education’s office, picketed schools, and marched in their thousands, supported by a parents’ group dedicated to defending “our public schools”.

As negotiations wore on, public opinion shifted perceptibly against the government. The workers’ demands are seen by many as protecting the integrity of Quebec’s public health care and educational institutions. There is sympathy as well for the underpaid and largely female workforce who keep government services running. Average pay for government employees in Quebec lags 8% behind their private sector counterparts.

Support for the Liberal austerity drive has also been undermined by the government’s obvious class bias and hypocrisy. A $1.2 billion bail-out of Bombardier, Quebec’s flagship in the global corporate world, and a 34% pay increase awarded to the province’s doctors were announced during negotiations with the Common Front!

Both the union leaders and the government for separate but convergent reasons wished to avoid a prolonged stand-off and the risk of an escalating confrontation. A repetition on a grander scale of Quebec’s epic student strike of 2012 is something both parties would prefer to avoid.

The agreement in principle was widely hailed in the media. It was billed as an 11th hour ‘miracle’ that, thanks to compromise on both sides, would meet the government’s austerity targets while at the same time “avoiding (sic) the impoverishment” of its employees, to quote the FTQ’s chief negotiator.

A closer assessment indicates that compromise came overwhelmingly from the union side. Salary increases will be limited to under 2% annually for the next 5 years and this after years of retrenchment.

The agreement reached after a 13 hour secret session in the office of Martin Coiteux, Quebec’s President du Conseil du trésor (effectively the Finance Ministry), was not exactly a charade. But it has the character of shadow-boxing between two ‘frères ennemis’ (brother enemies), as some in Quebec term the relationship between the union tops and the employers.

It remains to be seen how easy it will be to sell this package to the ranks. Already there are signs of discontent. Delegates to the council of the FSSS (Fédération de la santé et des services sociaux – Federation of health and social service workers), representing about a quarter of the Common Front members, have recommended rejection. Likewise opposed to the agreement, even though outside the Common Front, are leaders of the FAE (Fédération autonome de l’enseignement – Autonomous Federation of Teachers) representing 34,000 Montreal area teachers.

Voting by members of the unions will take place early in the New Year. Rejection of their leaders’ advice will take courage and would pose the question of how to take the struggle forward. In particular, it would raise the perspective of a general or social strike, since nothing less will be required to defeat the Liberal government.