LA DÉMOCRATIE CANADIENNE, camouflage de la dictature de la classe capitaliste

Red Review 30 mai 2024 | Par Gary Porter

Le Canada est une société de classes.  Les classes sociales sont définies par leur relation avec les moyens de production. La classe capitaliste possède les moyens de production ainsi que les institutions financières et la propriété. La classe ouvrière, à l’exception de quelques biens personnels, ne possède rien d’autre que sa force de travail, qu’elle doit vendre aux capitalistes pour vivre et élever ses enfants. Les capitalistes, après avoir payé les travailleurs-euses aussi peu que possible, prennent (aliènent) tout ce que les travailleurs-euses produisent.

La force de travail est une marchandise, mais à la différence de toutes les autres marchandises. Lorsque les travailleurs-euses utilisent leur force de travail, ils créent une nouvelle valeur. La nouvelle valeur n’est créée que lorsque les travailleurs-euses utilisent leur force de travail au travail. La troisième classe est la classe moyenne, la petite bourgeoisie, composée de commerçants, de cadres et de technocrates, de petits agriculteurs et de professions libérales, etc. Mais les classes décisives sont les capitalistes, le 1% qui possède l’essentiel des moyens de production, est très riche et très puissant, et la classe ouvrière qui fait tout le travail et crée toute la valeur, mais qui ne possède presque rien et n’a aucun pouvoir, sauf lorsqu’elle s’organise indépendamment de la classe capitaliste et la combat pour les salaires, les avantages et les droits.

Lorsque le Canada a commencé à s’organiser entre 1864 et 1867, toutes les décisions ont été prises par des conférences d’hommes d’affaires et de politiciens de haut rang dans des salles obscures enfumées lors de conférences tenues à Charlotte Town, dans l’Île-du-Prince-Édouard et au Québec. Les petits agriculteurs et agricultrices ainsi que les travailleurs-euses ordinaires n’ont jamais été consulté-es. Ils ont discuté de la manière dont les chemins de fer, les canaux et les routes favoriseraient grandement les opportunités commerciales au Canada, de l’augmentation des bénéfices et de la manière dont le Canada devait être organisé.

Ils décident que le chef de l’État doit rester la reine Victoria, monarque héréditaire britannique et représentante à la fois de l’ancienne aristocratie féodale et de la classe bien établie des impérialistes britanniques qui, avec la Royal Navy, règnent sur les flots et le commerce mondial. Les conférences des capitalistes canadiens ont décidé qu’il y aurait un Parlement composé de deux chambres, la Chambre des communes et le Sénat.  La Chambre des communes serait élue par les hommes de propriété et le Sénat serait nommé essentiellement par le Premier ministre avec l’accord de la Reine ou de son représentant au Canada, le Gouverneur général.

Dans aucune province, il n’y a eu de référendum ou d’élection sur la nouvelle constitution ou même sur la création du Canada. Les votes pour accepter l’Acte de l’Amérique du Nord britannique n’ont eu lieu que dans les assemblées législatives entièrement dominées par des juristes et des hommes d’affaires. Le Canada a été livré par la classe capitaliste aux Canadiens ordinaires comme un fait accompli. Les travailleurs n’ont rien eu à dire sur sa création, sa constitution ou leurs droits en tant que travailleurs.

Bien que le droit de vote aux Communes ait été étendu au fil des décennies aux femmes, aux autochtones et aux personnes sans propriété, il exclut toujours les immigrant-es jusqu’à ce qu’ils deviennent des résidents permanents. Mais les travailleurs-euses et les pauvres restent essentiellement exclus du processus de gouvernance. Les campagnes électorales coûtent beaucoup trop cher pour que les travailleurs-euses puissent en assumer le coût. Les médias capitalistes dominent l’espace public en défendant avec force les candidat-es capitalistes. Les riches capitalistes inondent de fonds les partis et les candidat-es du monde des affaires. Les électeurs et les électrices sont organisé-es (atomisé-es) en tant qu’individus dans des circonscriptions géographiques, et non par classe sociale. Si les travailleurs-euse étaient organisé-es pour voter en tant que travailleurs lors des réunions d’usine, des réunions dans les mines, des projets de construction et dans les bureaux, les représentants des travailleurs-euses seraient majoritaires aux Communes. Une telle forme de représentation de classe n’a jamais existé dans les « démocraties » capitalistes.

En 1917, en Russie, les ouvriers et les soldats ont créé des conseils ouvriers appelés soviets. Sous la direction de Lénine, de Trotski et du parti communiste, ils ont retiré le pouvoir au parlement capitaliste (Douma) et mis en place une véritable démocratie où les représentants des ouvrier-es, des soldats et des paysan-nes dirigeaient directement le pays pour la première fois dans l’histoire de l’humanité.