Le socialisme est une fusée!

Lors du débat majeur à Vancouver sur les «principes socialistes démocratiques», auxquels il est fait référence dans la  Constitution du Nouveau Parti Démocratique fédéral, le député Pat Martin (Winnipeg-Centre) a dénoncé le socialisme comme une «ancre» ralentissant le parti. Il a demandé que le lien soit rompu avec «une grande hache».

L’orateur suivant fût le président du Caucus Socialiste du NPD, Barry Weisleder, qui a répondu à Martin et à l’aile droite du parti comme suit (version légèrement modifiée):
«Le socialisme n’est pas une ancre. C’est une fusée! Vous pouvez enlever le mot socialisme du préambule, mais vous ne pouvez pas enlever le socialisme du NPD.
À bien des égards, ce débat est particulier. La congrès de Halifax en 2009 avait donné le mandat de réviser le préambule de la Constitution. Alors, combien de temps a t-il fallu pour formuler cette proposition d’amendement? Pourquoi la nouvelle formulation a t-elle circulé seulement à la veille de ce congrès?
Pourquoi «social-démocrate» est-elle une expression plus moderne que «socialiste», étant donné que les deux termes coexistaient au XIXe siècle?
Le NPD fait partie de l’Internationale Socialiste. Est-ce que cela signifie que le NPD va quitter l’IS si le «socialisme» reste dans le nom?
Est-ce vraiment un mouvement vers le modernisme, ou est-ce plutôt la modération d’un message dilué?
Et regardons le moment choisi. Nous vivons dans la plus grave crise capitaliste mondiale depuis les années 1930. Les gens qui travaillent sont endettés à un niveau sans précédent. Il y a une crise alimentaire, une crise environnementale, plusieurs guerres de pillage et d’occupation au nom du profit. Et maintenant, quelques génies veulent retirer le socialisme de la Constitution? Que dirait Tommy Douglas? Non, Non, Non, mille fois non!
Aucun changement de formulation ne peut effacer les racines socialistes et les origines ouvrières du CCF-NPD. Alors quelle est la fonction d’un tel changement proposé?
Elle est double. Elle met une distance entre le parti d’aujourd’hui et les générations d’activistes du mouvement ouvrier et socialiste qui ont combattu les briseurs de grève sur les lignes de piquetage, ont été arrêté, ont versé leur sang dans les batailles pour la justice sociale, l’assurance-maladie, la démocratie et la paix. Le changement enverrait également  un signal à la classe dirigeante canadienne. Il dirait que vous pouvez faire confiance au NPD de ne pas mettre en danger le capitalisme canadien, de ne pas contester le système en tant que tel. Oh, les médias d’affaires appelleraient encore le NPD «socialiste», quoiqu’on fasse. Mais les dirigeants du parti pourraient désavouer publiquement le terme. Pire, ce changement priverait les jeunes d’une éducation socialiste dans les réalités de la lutte des classes.
Soeurs et frères, ce n’est pas le temps de diluer nos principes. Ce n’est pas le temps d’envoyer un mauvais signal aux jeunes rebelles et à des millions d’électeurs mécontents.
Gardons le socialisme dans la Constitution, et nous allons le mettre en pratique, non seulement au Parlement, mais sur les lignes de piquetage, dans les lieux de travail, et dans la rue.
C’est le capitalisme qui a dépassé son utilité.
L’avenir appartient au socialisme démocratique.
Gardons le drapeau rouge bien en vue.
Délégués, nous allons rejeter cette motion massivement! “
(Dans un geste pour sauver la face, l’amendement a été renvoyé à l’exécutif fédéral pour un examen ultérieur et une discussion des membres à travers le pays. Ce fût une victoire pour la gauche – et une discussion que nous accueillons chaleureusement)
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La base du NPD rejette le tournant à droite

par Barry Weisleder

Ce qui avait commencé comme un hommage bien orchestré au chef Jack Layton et sa machine électorale, s’est transformé en un champ de bataille au sujet des politiques et des principes socialistes.

Au bout du compte, les responsables du Nouveau Parti Démocratique basé sur les syndicats n’ont pas réussi à convaincre la majorité de 1572 délégué-es au congrès fédéral du NPD à Vancouver en Colombie-Britannique du 17 au 19 juin d’approuver un glissement vers la droite.

Dirigée par le très en vue Caucus Socialiste, la gauche du NPD a arrêté net une tentative par la direction d’«assainir» la constitution du parti en supprimant la référence à des «principes socialistes démocratiques» de son préambule.

Qu’est-ce que c’est en une phrase? Depuis que le NPD a embrassé le capitalisme après sa fondation il y a 50 ans, est-ce que c’est important? Evidemment ce l’est. Le parti basé sur les syndicats demeure un paratonnerre pour les protestations de la classe ouvrière, indépendant de la classe capitaliste et contre le système dysfonctionnel. Il suffit d’écouter le député Pat Martin (Winnipeg-Centre). Lors du débat crucial, il a fait référence au socialisme comme «une ancre» accablant le parti. Il a exhorté les délégués à mettre la hache dans le lien socialiste. Mais Martin a été réprimandé par l’ovation pour le contre-argument que «le socialisme est une fusée» (voir l’article ci-dessous). Le capitalisme en crise est ce qui mérite notre mépris, disent de nombreux militants néo-démocrates et syndicaux à travers le pays.

«Le NPD reste socialiste pour l’instant», proclamait une manchette du Toronto Star le 20 juin. Bien qu’étant exprimés dans un sens poétique, ces mots saisissent le sentiment de la base du parti.

Nourrissant un sentiment d’euphorie après les élections du 2 mai, les responsables du NPD ont fait tout leur possible pour que le congrès devienne un love-in pour la direction. Ils ont travaillé fort pour réprimer tout débat politique sérieux et pour marginaliser la controverse. Cependant, ils n’ont pas entièrement réussi:

* Les motions du Caucus Socialiste sur la propriété publique de l’industrie, la démocratie du parti, la Libye, la Palestine, l’OTAN, les droits nationaux du Québec, le pétrole des sables bitumineux, le cannabis et l’enseignement gratuit dans les collèges ont rempli le cahier des résolutions. Elles ont été de précieuses ressources, citées dans de nombreux débats.

• Près de 40 pour cent des délégués présents pour la séance plénière d’ouverture ont soutenu une motion initiée par le CS pour ajouter une heure au temps alloué pour la discussion politique. Malgré les déclarations des apparatchiks du parti qu’un tel ajout n’était tout simplement pas possible, le temps a été ajouté néanmoins en raison de retard et de pépins techniques.

• Face à la perspective que la tentative d’enlever le socialisme du préambule échouerait, le Président élu du NPD fédéral, Brian Topp, a effectué une manoeuvre pour sauver la face. Il a fait en sorte de renvoyer l’amendement anti-socialiste à l’exécutif fédéral pour un examen ultérieur et pour mener une discussion parmi l’ensemble des membres. Par une marge de 3 contre 2 les délégués ont approuvé le renvoi, y compris la section Québec qui se sentait exclue de la question. Si une large discussion est poursuivie, ce qui est douteux, elle gardera les projecteurs braqués sur le «socialisme» jusqu’au congrès fédéral de 2013. Tout comme la défaite subie par la faction dirigeante quand elle a essayé de changer le nom du parti pour le «Parti démocrate» en 2009 à Halifax, ce dernier revers donnera une pause à la direction pour réfléchir.

• Également le dimanche matin, 464 des 1100 délégués présents ont voté, en principe, d’exclure toute idée de fusion avec le Parti Libéral soutenu par la grande entreprise. Comme un partisan du groupe La Riposte l’a dit, «Nous aurons un choix à faire – est-ce que nous allons avec les Libéraux et nous mettre ainsi contre les travailleurs et les travailleuses parce que c’est plus facile pour nous en tant que direction, ou bien allons-nous soutenir le peuple?» Alors que la majorité du congrès pencha vers la «flexibilité tactique», le sentiment pro-fusion était assez isolé. La fusion a été rejetée, même par l’ancien chef libéral Stéphane Dion qui était de passage. Le discours prononcé par le président du parti Brian Topp a été hué quand il a révélé un profond désir pour une coalition, et a avoué sa tristesse que Stéphane Dion ait échoué à devenir Premier Ministre en 2009. Des cris de «Pas de coalition! Pas de coalition!» suivirent et ont presque enterré ses paroles.

• Le vendredi matin les délégués au comité de priorités pour la politique étrangère ont réussi à déplacer la résolution du Bateau canadien pour Gaza de très bas sur la liste à la position # 2. Mais quelques minutes avant que l’on puisse voter sur l’approbation du contenu de la résolution, les dirigeants du parti ont rassemblés 30 à 40 députés ainsi que des membres du personnel dans la salle pour voter contre. Ce fut une victoire à la Pyrrhus pour la direction parce que la flottille d’aide est restée le sujet le plus chaud dans les couloirs.

• La clinique InSite de Vancouver pour des injections sécuritaires a gagné l’approbation du congrès, mais seulement après une motion de suspension des règles pour garantir le débat à ce sujet le dimanche matin. Le président a déclaré la motion irrecevable, mais a été renversé par un vote du congrès, suite à une contestation amère.

• Le congrès a adopté à l’unanimité une résolution d’urgence pour soutenir le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes, y compris un engagement que «les néo-démocrates du Canada feront tout en leur pouvoir pour empêcher toute tentative par le gouvernement conservateur de restreindre les droits des travailleurs et des travailleuses des postes … à la libre négociation collective, comme la loi pour le retour au travail ou autrement en limitant le droit de grève, de s’organiser ou de participer à un syndicat». De nombreux délégués ont demandé si cela inclurait l’appui du NPD pour le défi de la loi pour le retour au travail. (À la fin de juin, suite à une obstruction parlementaire du NPD, la majorité conservatrice au Parlement a adopté une odieuse loi pour le retour au travail qui renvoie la plupart des questions en litige à un arbitre nommé pour la «sélection de l’offre finale», mais qui fixe des salaires inférieurs à ceux que la direction des postes avait offert.)

À bien des égards le congrès de Vancouver 2011 a été un événement décisif. Il a démontré une plus grande diversité que d’habitude pour un congrès du NPD fédéral. En plus d’y avoir 50 pour cent de femmes, le rassemblement a compté davantage de francophones, de noirs, de bruns, d’autochtones et d’asiatiques que jamais auparavant. Les jeunes ont eu une grande visibilité. Les procédures et les fonctions protocolaires ont été menées sur le podium en français et en anglais dans une mesure presque égale.

Les nouveaux députés québécois ont affiché assurance, compétence et habileté, rejetant le mensonge généralisé par les médias pour ridiculiser les députés «inexpérimentés», jeunes, francophones et féminins élu-es le 2 mai.

Même si un accueil tiède fût réservé au président du Congrès du Travail du Canada, Ken Georgetti, c’était principalement du à sa réputation de mauviette. Les délégués ont confirmé et célébré les liens du NPD avec les syndicats. Le CTC a co-fondé le Nouveau Parti avec le CCF en 1961. La revue officielle du congrès a été remplie de publicités du Syndicat uni des métallurgistes, des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, de l’Alliance de la Fonction publique, des Travailleurs canadiens de l’automobile, de l’Association internationale des machinistes, du Syndicat canadien de la fonction publique, du Syndicat national des employées et employés généraux, du Syndicat international des employés des services, du Syndicat des communications, de l’énergie et des travailleurs des pâtes et papier, de l’Association internationale des pompiers, de l’IATSE, tout comme du CTC et des fédérations provinciales des travailleurs et des travailleuses. Toutes ces organisations ont élu des délégués sur le plancher, dont beaucoup ont parlé au micro.

Les politiques adoptées au congrès de Vancouver 2011 tranchaient avec la doctrine pro-capitaliste de la direction du NPD: règlementation au lieu de nationalisation. Taxe de plafonnement et d’échange au lieu de la transformation écosocialiste. La confiance dans l’OTAN plutôt que de ramener les troupes au pays maintenant et de rompre avec le militarisme.

Les présidents du congrès ont rejeté à maintes reprises des motions de renvoi pour injecter du contenu socialiste dans les résolutions. Les résolutions du SC ont été relégués par la bureaucratie en bas de chaque liste de sujet. Les députés et le personnel du parti ont accaparé les micros pour faire de l’ obstruction, juste pour s’assurer qu’il n’y aurait pas de temps pour débattre des politiques radicales en provenance de la base.

Pour empêcher les débats sur la Libye, la bande de Gaza et l’OTAN, le comité de la politique étrangère a déplacé deux résolutions sur les affaires des anciens combattants militaires et de la GRC, ainsi qu’une motion sur la «maternité» pour des médicaments accessibles et une autre sur les conflits de minerais. À la consternation de beaucoup, l’icône du parti Stephen Lewis, a donné une introduction dithyrambique aux choix de politique étrangère, au cours de laquelle il a accordé sa bénédiction aux bombardements meurtriers de l’OTAN sur la Libye, prétendument comme un antidote aux viols collectifs présumés attribués aux forces du régime de Kadhafi.

Les résolutions hiérachisées et approuvées sur l’emploi, la pauvreté, l’exploitation minière, l’eau, le commerce, la fiscalité et autres questions importantes sont très éloignées de toute notion de planification économique démocratique et de la redistribution fondamentale des richesses et du pouvoir dans la société de classe qui est de plus en plus polarisée aujourd’hui.

Mais cela n’a pas empêché de nombreux échanges animés, plus particulièrement aux micros du congrès. Là, les délégués de gauche ont martelé la direction et ont reçus de fortes ovations. C’est ainsi que des centaines de personnes sur le plancher ont montré leur soutien pour des appels clairs à réduire, et non seulement geler, la hausse croissantes des frais de scolarité universitaires; à éliminer, et non seulement réduire, les taxes de vente régressives et à louanger au lieu de critiquer l’ancienne page rebelle du Sénat Brigette DePape qui exhorte les Canadien-nes à «Arrêter Harper».

De nombreux délégués ont exprimé leur frustration et leur colère au sujet des efforts par les contrôleurs du parti pour faire taire les nouvelles voix et pour empêcher la libre discussion des questions controversées, comme l’endossement du NPD de la guerre de l’OTAN contre la Libye, y compris sa récente prolongation de trois mois par le vote de la Chambre des Communes.

Les délégués, suppléants et observateurs qui cherchent des solutions radicales aux problèmes économiques et environnementaux qui rongent de plus en plus la vie quotidienne ont trouvé un certain vide. Les changement générationnels, le départ ou la cooptation d’anciens dissidents du NPD ainsi que des réalignements régionaux (surtout l’afflux d’un grand nombre d’activistes du Québec) ont crée une situation de discontinuité et de changements perpétuels dans la gauche.

Le Caucus Socialiste a seulement commencé à remplir ce vide. Une grande visibilité sur le plancher du congrès, et même une plus grande visibilité publique via les médias avant, pendant et après le congrès, l’ont propulsé vers une certaine importance.

Des entrevues avec l’auteur de cet article, et des références fréquentes au CS ont paru dans la presse écrite des médias (Toronto Star, Globe and Mail, National Post, le Vancouver Sun), à la radio (CBC The Current) et à la télévision (SRC, GlobalTV, CTV, SunMedia TV, CHCH-TV, C-PAC). La couverture sur Internet, les entrées sur YouTube, les affichages sur Facebook et Twitter ont multiplié l’attention sur le CS au-delà de toute évaluation. Littéralement, des centaines de milliers de personnes à travers l’État canadien, et au-delà, ont appris l’existence du Caucus Socialiste, ont appris qu’il y a une aile gauche organisée dans le seul parti politique de masse basé sur les syndicats en Amérique du Nord, et ont vu qu’une force militante ouvertement socialiste lutte à l’intérieur pour faire avancer un ordre du jour des travailleurs et des travailleuses.

Le Caucus Socialiste a ouvert des forums, qui se sont tenus pendant les pauses repas et ont attiré plus de 100 délégués. Plus de 60 personnes ont assisté à la table ronde «Solidarité avec la Palestine et le boycott de l’apartheid israélien», mettant en vedette Karen DeVito, un participant de Vancouver sur le «Tahrir», le prochain Bateau canadien pour Gaza; Hanna Kawas, présidente de l’Association Canada-Palestine, et Tom Baker, un membre du comité directeur du CS et délégué de Hamilton-Centre pour le NPD. En raison de conflits d’horaire, moins de gens se sont déplacés pour la session «Que veut le Québec ?», avec le député Philip Toone (Gaspésie) ainsi que l’auteur de cet article, et pour le forum «Le défi des syndicats à l’ordre du jour de Stephen Harper», avec Mike Palecek un militant du STTP à Vancouver, et Julius Arscott le vice-président du local 532 du SEFPO, qui est également un délégué du NPD à Danforth et un membre du comité directeur du CS.

Tous les débats furent animés et fructueux. Lors de la session sur les syndicats, un autre député du Québec s’avança pour déclarer son adhésion au SC sur le plancher du congrès, des dizaines de délégués ont signé pour se joindre aux socialistes du NPD, incluant un ministre du cabinet gouvernemental du NPD au Manitoba.

Les délégués ont mis la main sur plus d’un millier d’exemplaires d’une édition spéciale de 28 pages du journal du CS Turn Left (Virons à gauche). Les partisans du CS ont recueilli plus de 225 $ en dons, collectes durant les forums et ventes du Manifeste du CS.

Les partisans de Socialist Action/Ligue pour l’Action Socialiste ont vendu plus de 200 macarons «Arrêtons Harper», plus de 120 exemplaires du journal de SA, et des dizaines de livres et de brochures marxistes, y compris une nouvelle brochure publiée en français et en anglais juste à temps pour le congrès, intitulée «Le Québec, les Acadiens et les peuples autochtones: la question nationale dans l’État canadien» par Robbie Mahood. Les ventes de macarons de SA/LAS, de journaux et de documentation ont généré plus de 430 $ au cours de la fin de semaine, qui incluaient des ventes lors d’un forum public organisé conjointement par SA/LAS et le groupe Socialist Solidarity de Vancouver le samedi soir.

Malgré l’annulation de dernière minute des tables d’affichage pour la plupart des groupes qui les ont demandé (les organisateurs ont invoqué le manque d’espace), plus de soixante délégués ont essayé d’obtenir des feuilles d’inscription sur le plancher du congrès, ou à des forums publics, et ont adhéré au Caucus Socialiste. Dans la région de Vancouver seulement, 23 néo-démocrates ont signé, marquant ainsi la fondation d’une nouvelle et dynamique section du CS sur la côte ouest. Des demandes de partout au pays pour participer au CS continuent d’arriver sur le site web: http://www.ndpsocialists.ca

Le leadership de Jack Layton a été fermement endossé lors d’un scrutin secret par 97,9 pour cent des membres. En ce qui concerne les questions controversées, M. Layton est habilement resté à l’écart, laissant la sale besogne à ses bras droit Brian Topp et Brad Lavigne. De toute évidence, son équipe est bien en contrôle de l’appareil du parti. Mais elle fût incapable de faire bouger la ligne politique du parti vers la droite.

La gauche du NPD est très vivante. Elle commence à s’organiser sur une base de lutte des classes pour relever les défis posés par le système capitaliste en crise.

Les points cruciaux pour la consolidation des acquis du 2 mai resteront certainement les suivants:

Résistons aux attaques des conservateurs contre les travailleurs et les travailleuses, les syndicats, les emplois et les pensions. Appuyons les droits du Québec et des autochtones. Mobilisons-nous pour mettre fin aux guerres d’occupation et au pillage.

Le mandat de M. Harper est mince comme du papier. Il peut être vaincu, mais seulement si nous agissons maintenant, plutôt que d’attendre quatre ans pour le faire.

Socialism is a Rocket!

In the major debate at Vancouver on ‘democratic socialist principles’, referenced in the Federal New Democratic Party Constitution, MP Pat Martin (Winnipeg Centre) denounced socialism as an “anchor” holding the party back. He demanded that the link to it be severed with “a broad ax”.
  

      
The next speaker was NDP Socialist Caucus chairperson Barry Weisleder, who answered Martin and the party right wing as follows (slightly edited):

“Socialism is not an anchor. It’s a rocket! You can take the word socialism out of the preamble, but you can’t take socialism out of the N.D.P.

In many ways, this is a peculiar debate. The Halifax convention in 2009 mandated a review of the Constitution preamble. So, how long did it take to formulate this proposed amendment? Why was the new wording circulated only on the eve of this convention?

How is “social democratic” a more modern expression than “socialist” given that the two terms co-existed in the nineteenth century?

The NDP belongs to the Socialist International. Does that mean the NDP will quit the S.I. if ‘socialism’ remains in the name?

Is this motion really about modernism, or is it really about moderation of a diluted message?

And look at the timing. We are living in the most severe global capitalist crisis since the 1930s. Working people are in debt to an unprecedented extent. There’s a food crisis, an environmental crisis, several wars of plunder and occupation in the name of profit. And now some genius wants to take socialism out of the Constitution? What would Tommy Douglas say? No, No, No, a thousand times No!

No change of wording can erase the socialist roots and the working class origins of the CCF-NDP. So then, what is the function of such a proposed change?

It is two-fold. It puts a distance between today’s party and the generations of labour and socialist movement activists who fought scabs on picket lines, got arrested, shed blood in the battles for social justice, medicare, democracy and peace. The change would also send a signal to the Canadian establishment. It would say you can trust the NDP not to rock the boat of Canadian capitalism, not to challenge the system per se. Oh, the business media would still call the NDP “socialist” no matter what. But party leaders could publicly disavow the term. Worse, it would deprive the youth of a socialist education in the realities of the class struggle.

Sisters and brothers, now is not the time to dilute our principles. Now is not the time to send the wrong signal to young rebels and to millions of disaffected voters.

Let’s keep socialism in the Constitution, and let’s put it into practice, not only in Parliament, but on the picket lines, in the work place, and on the streets.

It is capitalism that has out-lived its usefulness.

The future belongs to democratic socialism.

Let’s keep the red flag flying.

Delegates, let’s defeat this motion massively!”

(In a face-saving move, the amendment was referred back to the federal executive for further review, and for a cross-country membership discussion. This was a victory for the left — and a discussion we heartily welcome.)

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Defeat Harper Tories in the Parliament of the Streets

Good or bad? May 2 catapulted the NDP into second place, Official Opposition, bearing historic gains. Good. But the total seat tally enabled the Conservatives to eke out a parliamentary majority. That’s bad. So what’s the conclusion? Are we in a four-year holding pattern, doomed to witness the slow train wreck of a century of social benefits? Not if we choose to resist.

Actually, those afflicted with a case of post-election blues should take heart. The workers’ movement across the Canadian state has rarely had a better opportunity to seize the time, stop the bleeding, and take charge of the situation. Consider the following: 
1. The Harper majority is an artificial product of an undemocratic electoral system. Winning only 39.5% of the votes cast, less than one-quarter of the total electorate, Harper has no mandate to carry out his vicious anti-labour agenda. While his appointment of three defeated Conservative candidates to the Senate shows his undiminished arrogance, Harper is a paper tiger. He can be stopped. Clearly, it will take mass labour economic and political action, starting with active support for the postal workers’ struggle against concessions. But the main point remains: the Tory agenda can be paralyzed. 
2. The May 2 federal election put to rest ‘strategic voting’, bourgeois coalition building, and all talk of NDP-Liberal merger. Those examples of blatant class collabortion, which only confuse the issue and divide working people, are off the table for four years, and hopefully forever. But the NDP ‘government in waiting’ must prove that it is up to the task of governing in the interests of the working class, small farmers, oppressed nationalities, women, youths and seniors. 
3. Spectacular NDP gains in Quebec are very significant, but very fragile. Quebec nationalist expectations are high. They are echoed by youthful voices among the 59 NDP Quebec MP s. Positive NDP pledges to make French the language of work in federally regulated industries inside Quebec, and to respect a future vote for sovereignty, fueled expectations. Thus, NDP Leader Jack Layton is riding a bull. He may tame it, or it may buck him. Still, the new political situation has erected a bridge between the workers’ movements in both nations. The Canadian Union of Postal Workers’ collective bargaing struggle may be the bellweather of Pan-Canadian workers’ unity against the Canadian capitalist class and their anti-labour agenda. 
4. We can replace Labour’s retreat of the past 30 years with mass resistance today to the corporate agenda. Objective conditions for a turnaround are ripe. The main obstacle to the resistance we need is the pro-capitalist leadership of our unions and the NDP. At the top of both organizations is the same group of privileged bureaucrats. They’ve been rowing the boat mostly in one direction – backwards — for over a quarter century. To change course the right wing brass must be removed. For that to happen, for any hope of a change of direction, we need to step up the building of a class struggle opposition inside the unions and the NDP. From a little acorn grows a mighty oak tree. 
5. A class struggle opposition is based on a clear programme and a firm set of principles reflecting the concrete needs of the vast majority of the population. The NDP Socialist Caucus, founded in 1997, with over 500 supporters across the country, is based on the Manifesto for a Socialist Canada. It is elaborated and amplified by all the resolutions adopted at its annual conferences over the past 14 years. The SC commitment to fight for public ownership of the commanding heights of the economy, under workers’ and community democratic control, to facilitate the transformation towards green energy efficiency in all areas, from industry and home heating to mass transportation, is a powerful example. 
The programme of the Workers’ Solidarity and Union Democracy Coalition, founded in 1991, and re-launched in 2005, provides another good example. It stands for the following: 1. Resist labour concessions and social cutbacks. 2. Support struggles for union democracy, to make unions more accessible, accountable, transparent and participatory. 3. Take back our unions and turn them into fighting organizations. 4. Rely on our own strength, and renew or create our own organizations, from the bottom up, to fight for the interests of working people and against corporate profit and power. 
The operating principles to which both Workers’ Solidarity and the NDP Socialist Caucus are committed are basically those of the historic Paris Commune of 1871, the first workers’ government in world history: direct democracy, proportional representation of all currents of opinion, the right of rank and file members to recall and replace elected officials, and the rule that office holders are to be paid no more than those whom they represent. 
Not everyone belongs to a union, nor is everyone able to join or organize a union. But all, regardless of citizenship or status, can join the union-based NDP and can support the fight of the Socialist Caucus to turn the NDP sharply to the left. What matters is the process, the struggle itself, not to what degree the party turns left. Most ordinary working people who join the labour-based party do not sign up just to become cheerleaders for the Leader. We join the NDP for the same reason we join unions – to advance our class interests. Without labour, the NDP would not exist. Therefore the party belongs to the working class, not to Thomas Mulcair or Jack Layton, not to Brad Lavigne, not to the Lewis family. The NDP belongs to its dues-payers, to its affiliated unions, to its 100,000 members, to its 4.5 million voters. We simply demand that the NDP serve the interests of its vast social base, not the system of exploitation and oppression that serves a tiny corporate elite. It is the struggle within our unions and within the union-based NDP that will decide the shape of the fight against capitalist austerity and war. The current struggle will decide the overall relationship of class forces. 
This is a point to emphasize to our friends across the independent left: It’s time to take a stand, to retire academic abstractions, and to surpass small sideline campaigns. The road to influence the 4.5 million NDP voters lies through struggle against the pro-capitalist labour and NDP leaders in whom millions have illusions. Our task is not to prop up the existing leadership, but to challenge it, especially inside the mass organizations of the working class. Only those mass organizations have the capacity to educate and mobilize millions. We should strive to win those organizations to mass action against the rulers’ attacks and to socialist policies that can give shape to an alternative to the unfolding economic and environmental disaster that is global capitalism. 
May 2 ushered in a new situation, brimming with new opportunities that warm the heart of every working person. While the Canadian Labour Congress tops say ‘wait four years to replace the government’, while they amalgamate labour councils to make them even more remote from local unionists, we need not be bound to their prescriptions. When Jack Layton says he wants to be “more about proposition than opposition”, we need not swallow that pill. The task of socialists, radicals and worker militants is to unite behind the postal workers, to support Quebecois and aboriginal demands for national liberation, to demand money for jobs, for green energy conversion, not for jails, jets and imperial wars of occupation.

Together, we can prove that the most right wing government in Canadian history is a paper tiger. We can show that it can be blown away by a strong wave of class struggle. Let’s force the labour leadership to lead the fight, or get the heck out of the way. This entails the construction of a militant, well-organized left wing in the unions and the NDP. The time is now. Join us.

The article above was written by Barry Weisleder.

Socialism 2011 Highlights Solutions to “Their Crisis”

On the first sunny long weekend in May, over sixty people gathered at the University of Toronto to say No to the global capitalist agenda of austerity and environmental plunder. The occasion was the ninth annual Socialist Action / Ligue pour l’Action socialiste international educational conference. Like the three previous such gatherings, this one was co-sponsored by the Socialist Unity League (LUS) of Mexico and Socialist Action-USA.


Under the theme “Their Crisis, Our Solutions”, speakers from
Quebec, English Canada, the aboriginal rights movement, Mexico and the United States addressed the big issues facing humanity on a world scale. They hailed the democratic uprisings across North Africa to the Persian Gulf, embodied in the Great Arab Awakening that continues to shake the rule of Washington and its NATO allies.

Speakers reported on the fight to defend civil liberties, which are under attack by politicians looking for racial scapegoats in the midst of economic crisis. They told how we can achieve climate justice in the face of corporate power and greed.

Union activists Ajamu Nangwaya, Bruce Allen and this writer exposed what’s wrong with the labour movement. I stressed the opportunity to take advantage of the NDP breakthrough on May 2 to build a class struggle left wing to chart a new course for labour. Presenters explained the origins of sexism, the need for an independent women’s liberation movement today, and articulated socialist solutions for the ongoing global ‘Great Recession’. Outstanding talks (which we hope to publish) by SA-USA leaders Jeff Mackler, Christine Gauvreau and Dan Piper, on the world economy, feminism and ecological issues, received high praise.

Two talks by LUS-Mexico leader Jaime Gonzalez were a high-tech highlight of the conference. He addressed the gathering live, via the inter net communications tool Webex. On Friday night Gonzalez talked about the so-called ‘crime war’ in Mexico, and on Saturday morning about global warming and pollution issues after the 2010 Cancun climate conference, including the still unfolding Japanese nuclear meltdown disaster.

The Sunday morning session on “Aboriginal and Quebecois aspirations – National liberation in the Canadian state”, featuring Roger Obonsawin, President of the Aboriginal Peoples’ Council of Toronto, SA/LAS leader Robbie Mahood, and Marc Bonhomme of Quebec Solidaire, prompted participants to reflect on the results of the May 2 federal election. The NDP breakthrough in Quebec and the election of prominent native leaders there may facilitate a new unity of workers and oppressed nations that can stop the Harper Conservative agenda through mass action in the Parliament of the streets.

Brisk sales at the SA literature display netted $140 for books and pamphlets. SA newspaper gained four year-long subscriptions. Folks snapped up over $130 in raffle tickets. Two lucky participants each won a bottle of Cuban rum donated by the Cuban Consulate in Toronto.

Thanks to videographer Daniel Libby, co-producer of the reknowned film “Toronto G20 Exposed”, the proceedings of three conference sessions will be posted on the inter net.

Proceedings ended with everyone rising to their feet to sing a rousing rendition of “The Internationale”.

Following the conclusion of the public conference, SA/LAS convened its annual federal convention. It voted to welcome new members in Montreal and Toronto, a new supporter in Toronto, and adopted a plan of action for the year ahead. Immediate tasks centre on the fight for socialist policies, and to promote Quebec and aboriginal rights at the June 17-19 NDP federal convention in Vancouver.

A sign of great things to come was the formal launch of Youth for Socialist Action, headed by youth members of SA/LAS. The new youth group adopted a constitution and a 10 point platform. It will publish a handbook and establish campus clubs at Ryerson U and other schools. The foundation of the YSA capped a wonderful weekend of education, political decision-making, friendly socializing over food and drinks, and a broadening of personal horizons. With all of that comes a renewed and enhanced resolve to create a better world.

The article above was written by Barry Weisleder.

Ligue pour L'Action Socialiste