Action socialiste sur les élections fédérales du 20 septembre 2021: Votez NPD, mais luttez pour un gouvernement ouvrier

Le 20 septembre, les électeurs se rendront aux urnes dans le
cadre de l’une des campagnes électorales fédérales les plus
courtes de l’histoire du Canada. Alors que l’écart se resserre
entre les libéraux et les conservateurs, les médias grand public
spéculent que Justin Trudeau a perdu son pari avec le destin. Le
résultat des élections provinciales du 17 août en Nouvelle-Écosse
montre que les électeurs ne récompensent pas toujours les
gouvernements en place en cas de pandémie mortelle. Au lieu
des “voies ensoleillées”, nous sommes témoins de la sinistre
pétulance de Justin durant la campagne électorale.
Au Canada, jusqu’à la mi-août, 1 467 308 personnes ont été
infectées par le COVID-19 et 26 790 en sont mortes. Des milliers
de ces décès sont survenus dans des centres de soins de longue
durée à but lucratif. Les vaccins, très lents à être administrés, ont
dû être importés parce qu’un ancien gouvernement conservateur
a vendu les laboratoires publics Connaught Labs et parce
qu’aucune entreprise pharmaceutique nationale ne produit les
vaccins nécessaires. Il est donc particulièrement exaspérant
d’entendre le chef conservateur Erin O’Toole promettre
d’améliorer la recherche et la production de médicaments. La
quatrième vague du COVID déferle maintenant sur le continent.
La couverture médiatique bourgeoise de la campagne électorale
la dépeint comme une course de chevaux, se concentrant sur les
chefs des principaux partis. La politique de la personnalité
masque le contexte d’un système en faillite. La moitié de
l’Amérique du Nord est en feu. Les inondations et les flammes
ravagent l’Europe et d’autres continents. Des millions de

travailleurs sont confrontés à une inflation croissante, à une
réduction des avantages sociaux et à la menace de se retrouver
sans abri.
La situation réclame des solutions systémiques, mais les
principaux partis s’engagent à préserver le système capitaliste.
Tous sont en faveur d’une taxe sur le carbone pour les
consommateurs, plutôt que
D’EXPROPRIER ET RÉOUTILLER LES GRANDES
COMPAGNIES PÉTROLIÈRES ET GAZIÈRES.
Tous sont prêts à bricoler l’aide aux acheteurs de maison, plutôt
que
PRENDRE LE CONTROLE DE L’AMÉNAGEMENT DU
TERRITOIRE ET DE L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION
POUR CONSTRUIRE DES MILLIONS DE MAISONS, et SAISIR
LES LOGEMENTS VIDES POUR CEUX QUI EN ONT UN
BESOIN DÉSESPÉRÉ.
Certains décrient les super-profits des grandes banques et des
télécoms, mais personne ne propose
“EXPROPRIONS LES EXPROPRIATEURS !”
Tous parlent de réconciliation avec les peuples autochtones,
promettent une somme dérisoire pour découvrir d’autres tombes
non marquées dans les anciens “pensionnats”, mais ne font rien
pour
FORCER LES ÉGLISES À PAYER POUR LEURS CRIMES, et
encore moins pour promouvoir LA SAISIE DES ACTIFS DES
ÉNORMES ENTREPRISES MINIÈRES pour que les Premières
nations puissent avoir de l’eau potable, des soins de santé et une
éducation de qualité, et exercer leur autodétermination.

Le résultat du statu quo est une biosphère qui vacille au bord du
précipice. Les coupes dans les prestations versées aux
personnes les plus vulnérables et victimes du capitalisme
canadien sont la norme. Les conditions d’austérité sont
aggravées par le chômage, le sous-emploi et le travail précaire à
temps partiel au salaire minimum et sans avantages sociaux.
L’assurance-maladie publique est affaiblie par de longs délais
d’attente, l’absence de soins dentaires, de soins de la vue, de
couverture pharmaceutiques et de soins de santé émotionnelle et
mentale. Les Canadiens autochtones se voient refuser
l’autodétermination et sont soumis à une situation honteuse en ce
qui concerne taux de chômage, logements insalubres, soins
médicaux, soutien aux toxicomanes et soutien aux enfants, tandis
que d’énormes entreprises volent leurs ressources et font passer
des routes et des pipelines sur leurs terres, sous la protection de
policiers lourdement armés à portée de main.
Au Canada les CONSERVATEURS S’APPUYENT SUR LES
RÉPUBLICANS AMÉRICAINS, en essayant de limiter les droits
reproductifs des femmes, en tolérant les attaques racistes et
islamophobes contre les immigrants, et les attaques effrontées
contre les droits des travailleurs, les emplois, les salaires et les
avantages sociaux, et le droit d’organiser un syndicat. Les
conservateurs encouragent et subventionnent ouvertement les
pollueurs par le carbone, et ils s’engagent à punir plus
sévèrement les manifestants contre les pipelines. Quand Erin
O’Toole dit qu’il va équilibrer le budget, nous savons sur le dos de
qui il le fera.
LES LIBÉRAUX prétendent être plus progressistes, mais ils ont
ordonné le retour au travail des postiers en novembre 2018,
brisé la grève des dockers de Montréal en mai 2021, dépensé
4,5 milliards de dollars des impôts des travailleurs pour acheter le

Pipeline Trans-Mountain (deux fois sa valeur), et expédié des
véhicules blindés au régime saoudien qui les utilise pour
commettre un génocide au Yémen et réprimer le peuple
saoudien. Le premier ministre libéral a été pris en train de
promouvoir des ” poursuites différées ” pour la société corrompue
SNC-Lavalin. Il a dépensé plus de 100 milliards de dollars pour
la Subvention salariale d’urgence du Canada, dont une grande
partie est allée dans les poches de riches propriétaires
d’entreprise. Sa nomination de la leader inuite Mary Simon
comme 30e gouverneur général du Canada, la première
personne autochtone à occuper ce poste, ne change rien à la
situation. La plupart des 94 appels à l’action de la Commission
Vérité et Réconciliation restent ignorés par Ottawa.
Trudeau a fait approuver par la Chambre des communes une
résolution soutenant l’apartheid israélien contre le peuple
palestinien opprimé en faisant un faux amalgame entre la
critique de l’état d’Israël et l’antisémitisme. Sa ministre des
Affaires étrangères de l’époque, Chrystia Freeland, a joué un rôle
de premier plan dans l’échec des efforts visant à installer une
marionnette des États-Unis à la présidence du Venezuela à la
place du président Nicolas Maduro, élu démocratiquement. Les
sanctions illégales et brutales imposées au peuple
vénézuélien, notamment l’obstruction de la livraison de nourriture
et de médicaments de base, et le refus de laisser le Venezuela
vendre son pétrole, ont causé de grandes difficultés et 40 000
décès jusqu’en 2020. Aujourd’hui Lima a quitté le Groupe de
Lima, et les États-Unis ont subi une défaite, laissant derrière eux
la dévastation dans le sillage de leur guerre de 20 ans en
Afghanistan.
En 2015, après seulement quatre ans de règne libéral le Canada
occupait à égalité avec les États-Unis le troisième rang du

classement mondial des pires pollueurs par habitant, derrière
l’Arabie saoudite et l’Australie.
L’IMPÉRIALISME CANADIEN est fortement concentré dans
l’exploitation minière, notamment dans l’exploitation massive des
sables bitumineux en Alberta. Barrick Gold, Suncor,
PotashCorp, Goldcorp, Teck Resources et Cameco exploitent
nos ressources pour le seul bénéfice de leurs actionnaires,
largement subventionnés par nos impôts, laissant derrière eux
une pollution importante. Ces géants miniers opèrent dans tout le
tiers-monde, engrangeant d’énormes profits en payant de bas
salaires, en refusant les droits fondamentaux et la sécurité aux
travailleurs, en violant les droits des peuples autochtones partout
dans le monde et en utilisant des mercenaires pour battre et
même tuer les petits mineurs qui étaient là avant les Canadiens,
essayant de survivre avec des outils manuels. Les entreprises
minières canadiennes ont la réputation d’être des employeurs et
des pollueurs brutaux. Concernant ces pratiques, Justin Trudeau
n’a fait que leur apporter son soutien.
Le programme du PARTI VERT existe entièrement dans le cadre
du système capitaliste. Fondé par d’anciens conservateurs et
libéraux éminents, le Parti vert est une diversion pour les millions
de Canadiens qui prennent conscience de la catastrophe
climatique en cours. Le changement climatique destructeur ne
peut être déraciné par le marché. Le capitalisme, par sa nature
même, accumule du capital, pour ce faire, il doit générer des
profits. Mais la concurrence fait baisser le taux marginal de profit
et pousse le capitaliste à trouver des moyens pour combattre
cette tendance. L’automatisation, le transfert de la production vers
des marchés de main-d’œuvre moins chers, la destruction des
concurrents par des droits de douane, des sanctions et des
guerres, l’exploitation des ressources sans tenir compte des

conséquences pour les populations ou la Terre, sont des
caractéristiques inhérentes au capitalisme mondial. Les
principales causes de la pollution par le carbone, la combustion
de combustibles fossiles et le déclenchement de guerres pour
piller les ressources, sont des aspects fondamentaux du
capitalisme. En ignorant les horribles exigences de
l’entreprise privée, le Parti vert se rend inutile. Sa dirigeante
Annamie Paul est anti-choix, pro-grandes entreprises et pro-
OTAN ; cette autocrate s’entoure de “conseillers” archi-sionistes
qui ont accusé à tort deux de ses députés d’être antisémites ; il
s’ensuit une crise qui divise et paralyse les Verts.
Le NPD, un parti basé sur les institutions de la classe ouvrière,
avec des syndicats représentés directement aux conventions du
parti, est le seul parti de masse de la classe ouvrière. Le NPD
est la seule alternative ouvrière crédible face aux partis
capitalistes ; pour cette raison, ACTION SOCIALISTE apporte
un soutien critique au NPD lors des prochaines élections.
Nous appelons à voter pour le NPD au Québec également,
malgré le fait que le NPD soit enraciné dans le mouvement
ouvrier du Canada anglophone. Au fil des ans le parti a modéré
sa version centraliste traditionnelle du fédéralisme afin de
s’adapter à la réalité nationale du Québec. En tout cas, la
question de l’indépendance ou même de la défense des droits
nationaux du Québec s’est éloignée.
Trudeau compte sur les Québécois pour ignorer son vandalisme
climatique, son bris des grèves et son militarisme, et pour lui
accorder leurs voix afin d’assurer une majorité libérale à Ottawa.
Le Bloc Québécois, pro-capitaliste et de plus en plus nationaliste
ethnique, n’offre aucune autre option aux travailleurs et aux
jeunes québécois insatisfaits. À l’extrême droite le Parti populaire
du Canada de Maxime Bernier est prêt à récupérer une partie du

mécontentement des électeurs québécois. Le renforcement du
vote du NPD agirait comme un contrepoids à ce danger de droite,
surtout s’il se traduit par des sièges supplémentaires, pour
lesquels il existe un modeste potentiel à Montréal et dans certains
centres régionaux.
Simultanément nous nous opposons au leadership pro-
capitaliste et antidémocratique du NPD. Plus
antidémocratiquement que jamais, les candidats du NPD sont de
plus en plus souvent sélectionnés par les cadres du parti et sans
assemblée d’investiture locale, ce qui conduit souvent à
l’exclusion des candidats socialistes. Le chef du NPD ne tire pas
les leçons nécessaires des crimes impérialistes canadiens en
Afghanistan, en Libye et en Haïti ; il est loyal envers l’OTAN et
silencieux sur le Venezuela, et il approuve la politique d’apartheid
de l’état sioniste. Jagmeet Singh se dispute avec Justin Trudeau
sur les prix des logements, mais il n’a aucun plan efficace pour
stimuler l’offre de logements. La demande par Singh d’une taxe
de 1 % sur les super-riches ne permettrait pas de financer un
programme national de garderies, et encore moins de générer
des logements sociaux en masse, une éducation post-secondaire
gratuite ou un modèle d’assurance-maladie couvrant tous les
services et la gratuité des médicaments. Il réduirait les
subventions à l’industrie pétrolière, mais pas à l’industrie de
l’armement, ni le budget militaire. D’une manière générale les
propositions de Singh sont négligeables et plutôt vagues, et
visent plutôt à transformer en votes la “sympathie” personnelle
qu’il génère. Un concours de popularité, tel que celui que
Trudeau a remporté il y a six ans, n’offre aucune base pour
un changement significatif. De plus les socialistes s’opposent
avec véhémence à un programme NPD limité à la réforme du
capitalisme au Canada et à l’étranger, limitation à laquelle la
direction actuelle est dogmatiquement dévouée.

En même temps personne ne devrait se laisser berner par le
vieux chant des sirènes qui incite à voter pour les libéraux afin
de barrer la route aux conservateurs. Les deux partis sont des
outils de Bay Street qui conduisent le Canada et le monde vers
plus de guerres, d’inégalités et de désastres écologiques.
Nous proposons un PROGRAMME SOCIALISTE pour mobiliser
les travailleurs et nos alliés naturels dans une série de luttes de
masse visant à défier le système capitaliste et en fin de compte à
renverser les pollueurs, les exploiteurs, les oppresseurs et leur
système raciste et sexiste en faveur d’un GOUVERNEMENT DES
TRAVAILLEURS. Un gouvernement des travailleurs pourrait
exproprier les grandes ressources et l’appareil productif qui
sont actuellement la propriété privée de quelques familles riches,
et ce faisant détruire l’État capitaliste qui soutient leur domination.
Un gouvernement ouvrier, allié avec les travailleurs du monde
entier, pourrait
construire un nouvel État, un État ouvrier avec une économie
détenue par la société et planifiée démocratiquement
qui ouvrirait la voie au socialisme. C’est notre objectif.
Aujourd’hui il n’y a aucun parti socialiste de masse qui puisse
offrir une alternative de masse au NPD. Et il est contre-productif
de soutenir de petits partis réformistes et nationalistes de gauche.
Par conséquent notre slogan transitoire est
“Votez NPD et luttez pour l’instauration de politiques socialistes”.
Les socialistes visent à transformer la société et à abolir le
capitalisme, et à le remplacer par le pouvoir des travailleurs.
Notre programme découle non pas des besoins des capitalistes,
mais des besoins des travailleurs et de leurs familles, et des
aspirations des opprimés à travers le Canada.